Debout, seule, tu marcheras
Besoin de personne pour me réveiller
Debout ! fais toi vague !
L’oiseau rit pendant la tempête
Je me prendrai pour l’océan et j’emmènerai tous mes songes
avec moi 
Les répandrai au quatre vents
Sud nord est ouest
Bâtissant des iles pour chacun 
Les paysages filent 
A une vitesse infinie
Tels des léopards
Ne se laissant pas
Effleurer
Depuis 
Combien de temps
La montagne à disparu
Montagne bleue des origines
Le temps ne se retourne pas
Les hommes oui
Toujours le regard accrochant ce qui est en train de disparaître.
Paysages toujours fuyants
Collines tournant le dos à celui qui veut s'y coucher
Les doigts se referment sur le vide
Déjà plus
Trente ans s'écoulent en une seconde
Le temps rit de sa course.
Combien de temps dure le geste d'amour vers son enfant ?
A peine une expiration.


Réveil

A nouveau les roches et leur lumière
Les pieds reconnaissent le doux sol c'était il y a si longtemps...
Est ce le retour tant promis ou bien son mirage chimique
Impatience légère
La montagne est encore invisible
Il est trop tôt
Juste ce sentiment de déjà vu et la poitrine qui se soulève à nouveau
Si légèrement
Attendant le mistral.
La vague qui arrive à petit bruit on dirait qu'elle chuchote

Rampant et se libérant de son long sommeil.
Lentement elle fond
Personne ne le voit
Seule
Bientôt elle disparaîtra
On marche sur elle depuis trop longtemps
On crache sur elle depuis trop longtemps
Toujours bonne
Toujours à donner
La douce
N'en peut plus
De donner
Bientôt
Plus d'elle
Plus de bras
Plus de jambes
Elle disparaîtra
Plus rien
Invisible
Ci gît
Fin
D'elle
Mort

Rideau
Lentement elle coule
Se laissant chuter
Dans le noir
Elle prie pour que sa vie s'arrête
Épuisée de tant de tentatives
Les murs se dressent
Contre sa poitrine
La vague enfle et emporte toute joie
Espoir jeté matin midi et soir
Plus la force les membres usés
Elle appelle la fin.


Pourquoi chercher pour ne jamais trouver
Pourquoi ne pas pouvoir hurler ni frapper
Pourquoi avoir atrocement mal
Pourquoi .



Pilate

Sauver l’un et l’autre, il ne fallait pas
protéger l’un et l’autre à la fois, pure folie.
Crête ou abîme
la petite tombe
abandonnée de tous
ni appui ni rampe
elle erre de haut en bas
pas de marches sûres
ni sol aimant.

Protéger le lion et le tendre agneau, pure folie.
Il ne le fallait pas.
Il ne fallait pas écouter la voix de ceux qui disent qu’ils savent.
Personne alors pour arrêter les coups de griffe
Personne 
La petite chute
abandonnée de tous.

Aimer, c’est aimer l’autre dans tous les espaces qu’il traverse
ne s’interdire aucun lieu
même celui où l’on n’est pas.
Aimer, c’est ne pas rompre le fil
quand l’autre est loin des regards
Ne m’abandonne pas, maman.

Tu n’aurais jamais dû me forcer d’aller chez lui. 
Il ne m’aimait pas, ne me respectait pas. 
Salope. 13 ans. 
Maman, pourquoi m’abandonnes-tu.


Octobre 2014

Criez mes yeux
Comment cette chose a-t-elle pu arriver ?
L'enfant au rieur regard
L'enfant aux mains pleines
L'enfant au coeur débordant
Promise au soleil...
La fleur devait grandir grandir
Le temps devait la hisser
Jusque dans les arbres
et plus haut encore ?
Mais telle une ronce sauvage
Perdue devant trop de chemins
Croisements multiples
Brouillard
Vacarme tout autour
Devenue sourde
Mots jetés sans plus de sens
Où va-t-elle ?
Qui le sait ?
Visage éteint
Plus de sol sûr
Racines détruites
Feuille virevoltant au gré de chaque vent
Nord Sud Est Ouest
Petit oiseau
Titubant
Criez mes yeux
Criez mes yeux
Tirer un trait
Implacable 
Fini

Ce temps où
Elle eu envie d'éclater en sanglot
Marquer l'événement de la disparition irrémédiable
Mais rien ne vint 
Rien à faire

Même. Le deuil était impossible 

Adieu

Partent 
les derniers regards
En guise d'adieu 
La nonchalance fière et sûre
Éclats de rire jetés par dessus bord
Une autre vie qui démarre 
Lointaine
Celle qui reste pense 
"Quoi c'est bien là ce moment ?"
Se dresser est ce seulement possible ?
Cherchant sur quoi s'appuyer 
Elle lutta
Contre 

Le vertige devenu souverain

muet

Ciel bleu aujourd'hui sans astre,
d'où tires-tu ta joie ?
Comme la nuit,
tu ne délivres pas de réponse.


secret

Seul détenteur
du secret
qui m'habite
tu n'es plus

Elle seule

Elle seule, debout à la fenêtre,
épiant les douleurs extravagantes
d'un monde naissant à lui-même.
Elle voudrait que cela fut
pour toujours

Ciel

Creusons plus profond le monde
dès qu'il se réveille
qu'il croisse plus haut que nous
alors en plein midi, nous nous coucherons
dans son ombre
et goûterons ses fruits
telles les premières baleines

Reviens

Reviens encore
vague bruissante, reviens
fichée dans mon coeur, intacte
me renverser dans les étoiles
élargis-moi, comme au premier jour,
lame de tes yeux

Poème sur moi

Les rêves m'ont déportée ma vie - durant longtemps
je n'ai su voir le ciel
que comme précipice - pas de répétitions
car la voile m'aura hissée au moins
un matin vers la
cime m'en suis retournée brûlée.
Qui sait
la frontière entre le bonheur et le malheur ?
ô si intimement enchevêtrés